<p>VOITURES, CAMION ET AUTRES FOURGONNETTES SURNATURELLES</p>

VOITURES, CAMION ET AUTRES FOURGONNETTES SURNATURELLES

À Imaginos, tout particulièrement dans la région de Fibreux, des témoins, parfois par centaines, aperçoivent comme dans un rêve des véhicules au comportement si singulier qu’on a toutes les raisons de croire qu’ils ne sont pas de notre monde physique. Les cinq témoignages suivants, de toute dernière fraîcheur, vont vous illustrer ce complet mystère dont on ne sait pas si la nature est sorcière ou non humaine (ou les deux, pourquoi pas…).

1. Garée ou en déplacement ?

Tel un môme ayant reçu son cadeau de Petit Papa Noël, Ignace Varbetinos trépigne de joie. Il vient, en ce 31 juillet 2006, de gagner une superbe jeep couleur grenat au concours organisé par Nguma Télécom. Notre peintre passe sa journée à circuler à travers tout Malether, profitant du carburant dont le réservoir est tout plein. Satisfait d’avoir passé de bons moments avec son engin, il gare ce dernier dans sa parcelle. Heureusement qu’il a de l’espace chez lui.

Durant presque un mois, Ignace savoure sa bagnole tous terrains. Jusqu’au jour où il remarque de drôles de trucs. D’abord, la radio. En fin observateur, il se rend compte que depuis un certain temps, le tuner capte à son réveil une station différente de celle qu’il avait captée en dernier. Une autre fois, il retrouve ses effets éparpillés dans la boîte à gants, alors qu’il est convaincu que tout était en place la veille. Et puis, il y a cette curieuse sensation d’avoir l’impression d’être observé pendant qu’il conduit seul, surtout la nuit ! Et après minuit, le véhicule refuse de démarrer, au moins jusqu’à cinq heures du mat. Le carburateur, la batterie ou d’autres alternateurs ne sont pas concernés. Sans panne, la jeep ne réagit à aucune tour de clé. Or il se fait qu’entre minuit et l’aube, des événements singuliers, directement liés à la bagnole, surviennent à travers Préhistorvilles.

Celle-ci a en effet été surprise en excès de vitesse, dépassant allègrement 150 km/h ! Les policiers, malgré toute leur énergie, ne sont jamais parvenus à rattraper la jeep, histoire d’identifier son ou ses occupant(s) : ils se font honteusement semer à chaque fois. Plus grave : le 14 octobre 2006, à 2 h, elle a fauché un pauvre clochard dont l’état d’ivresse n’avait de pareil que son inattention à traverser le Boulevard Lisgon. Il a crevé sur place, mais un témoin, son compagnon pas moins vagabond, a eu le loisir de réaliser que c’était un véhicule rouge qui a occis son pote d’infortune. Et durant toutes ces randonnées, Ignace, le propriétaire de la 4x4, dormait comme une souche et sa 4x4… roulait sans lui ou plutôt… était garée chez lui tout en roulant sans lui.

Trop, c’est trop. Les poulets sont décidés à mettre la main sur le chauffard qui perturbe sans gêne la circulation et viole si impunément le Code de la route. Tâche ardue, car nul ne sait à partir d’où le véhicule démarre ni à quel endroit il stationne. Par ailleurs, toutes les grandes artères de Malether sont sillonnées sans qu’il soit remarqué une préférence particulière pour certaine d’entre elles. À vive allure, cela s’entend. Cependant, à force d’observations soutenues et relayées, appuyées par une patience exemplaire, quelques flics parviennent à établir une similitude de forme et d’aspect entre la jeep qui file à tombeau ouvert et la jeep d’Ignace. Notre peintre est objet d’interpellations aussi nombreuses qu’infructueuses. Il cesse d’être cuisiné très rapidement, les flics se rendant compte que plusieurs éléments manquent qui peuvent rattacher Ignace à la bagnole effrénée. Néanmoins, toutes ces histoires à moitié rationnelle troublent son esprit croyant. À son corps défendant, il vend son bijou à moteur à l’une de ses connaissances du bâtiment.

Depuis, notre jeep grenat n’importune plus personne. Avait-elle un problème personnel avec son ancien acquéreur ? Nous ne le saurons sans doute jamais…

2. Elle se déplace à sa manière…

Aux environs du Mont Aïcapik, le pic d’Imaginos le plus élevé (21 042 m !), le relief forme tout un système de collines et de montagnes plus ou moins abruptes. Par conséquent, les routes y sont en général en lacet et parfois à sens unique, comme c’est le cas dans ce témoignage. Cette fin de jour du 18 décembre 2008, Anna Gembokim, sa cousine Sabrina Nazzabo et son neveu Fred Nazzabo se rendent en voiture à la ville la plus septentrionale de Fibreux, bien plus au Nord qu’Olokilo : Ilednabe. Anna cause gaiement avec ses compagnons depuis presque deux heures, évitant soigneusement les flancs escarpés, lorsqu’elle remarque soudain à son rétroviseur, à l’une des branches d’un lacet, une voiture fumée. Elle est apparue là comme sortant du néant et, chose insolite, ses phares sont allumés, alors qu’il n’est que 16 heures avec un temps superbe assurant une vision parfaite jusqu’à

10 km

. Notre quadragénaire célibataire n’y prête pas trop attention. « Les zinzins et les excentriques pullulent de plus en plus », se dit-elle.

Dix-sept heures trente. Chose normale, car on ne peut faire autrement sur cette étroite voie à sens unique, le véhicule aux vitres fumées se pointe toujours derrière celui des Anna. Chose bizarre toutefois, la distance entre les deux bagnoles semble constante voilà déjà une heure trente. C’est Fred qui le remarque en premier. Pour tranquilliser son neveu, Anna décide de s’arrêter durant cinq minutes. À son grand étonnement, l’insolite véhicule s’arrête. Anna répète trois fois le même manège et trois fois la bagnole aux vitres fumées imite ce geste ! Comme ladite bagnole se tient à distance respectueuse du véhicule d’Anna, cette dernière pense à une filature. Son désintérêt se muant en inquiétude, elle pousse sur la pédale d’accélération. Ilednabe est à moins d’une heure de route. Anna prie qu’aucun malheur ne leur arrive entretemps.

Pendant que notre conductrice roule ces pensées dans sa tête, elle constate, stupéfaite, que l’étrange voiture s’est éclipsée ! Elle préfère ne pas stationner. « Bien fait pour lui s’il nous espionnait. J’espère qu’il a dérapé dans le ravin », s’imagine-t-elle. Et elle se trompe…

Vingt minutes environ plus tard, après négociation d’un virage assez dangereux, Anna et ses compagnons sont témoins de quelque chose qui leur fait poser la question de savoir s’ils ont perdu la boule ou quoi : le mystérieux véhicule les a distancés d’au moins 200 m !

- « J’hallucine, dit Sabrina, toute pâle. Par où s’est faufilé cet énergumène ? Par un trou dans la colline ? Cette voie n’a pas deux bandes, mais une seule !

- Qu’il nous ait dépassés me dépasse », s’exclame Anna dont le sens de l’humour est à toute épreuve

Comme si de rien n’était, mais fort perplexe, notre femme maintient la même vitesse, attendant ce qui va se produire. Eh bien, deux bifurcations plus loin, le curieux engin s’évapore. Nos passagers ne le verront plus jamais.

À l’un des bureaux de la police de leur ville de destination, les témoignages séparés des trois occupants sont recueillis. Alors qu’ils s’imaginaient que les poulets les prendraient pour des buses, ils ont agréablement surpris d’entendre que leur aventure est prise au sérieux. Il semble que ce genre de faits s’avère commun sur le tronçon que nos passagers empruntèrent. Quant à la nature desdits faits, en plus d’être inexpliquée, elle ne constitue en rien une infraction. « Oubliez, ça vaut mieux pour tout le monde ! », préconise le chef de poste. Et c’est ce que firent nos trois témoins.

3. Un camion d’une autre réalité

Il s’agit de l’affaire des deux flics du poste huit de la route Préhistorvilles-Archéoptx, Shirley Yandiamig et Lee Nuvamkay, qui vécurent avec des dizaines de témoins des choses fort bouleversantes. Pour connaître les détails de cette histoire rocambolesque, veuillez cliquer ici. Je vous épargne toutefois, si vous le voulez bien, l’effort du clic : je tente donc de résumer ce qui s’est produit cette nuit de fin mars 2005.

Cette nuit donc, nos deux policiers en faction tentèrent de poursuivre un camion vraiment atypique qui roulait silencieusement, sans bruit de moteur et tous phares éteints. Mais le comble fut que toutes les vitres du véhicule étaient peintes, les rendant de la sorte opaques ! Étrange conducteur qui roulait ainsi à l’aveuglette… Une course-poursuite s’engagea à plus de 15o km/h, vitesse que le camion atteignit durant quelque temps avant de décélérer. Tandis que les flics dépassèrent quelque peu l’inhabituel engin, ce dernier disparut, puis réapparut quelques instants plus tard en fonçant droit devant la voiture de la police. Plusieurs dizaines de témoins virent la disparition du camion, mais apparemment nul ne s’aperçut de la collision !

Le seul agent encore présent à son poste, se rendant compte que la radio ne répondait plus depuis déjà une heure et que ses collègues ne revenaient toujours pas, demanda aux flics veillant quelques kilomètres plus loin de partir voir ce qui clochait. Le véhicule de Shirley et de Lee fut retrouvé en parfait état de marche, sans la moindre égratignure, comme si collision il n’y avait jamais eu ! Plus troublant : nos deux poulets étaient déshydratés et la barbe de Lee avait sérieusement poussé en un peu plus d’une heure ! La montre digitale des flics indiquait, du reste, une avance incompréhensible de… quatre jours ! Quant aux témoins de la disparition du camion sui generis que pourchassaient les policiers, toutes leurs montres retardaient d’une bonne heure…

On peut aisément constater que dans ce cas, des phénomènes de dématérialisation se sont associés à des excentricités temporelles multiples. Et ce n’est guère la première fois que pareille occulte symbiose survient sur la route Préhistorvilles-Archéoptx.

4. Indestructible et non identifiable

Un spectaculaire accident vient de se produire en plein 14e arrondissement de Malether sur l’Allée Ascorbitique ce 15 août 2005. Un gros camion-remorque de

20 m

de long transportant diverses marchandises a été traversé dans toute sa longueur par une petite auto de type Laguna. Une monstrueuse explosion en résulta qui envoya instantanément pas moins de 30 personnes au royaume des morts et près d’une centaine d’autres aux soins intensifs. Cette description des événements fera tiquer plus d’un lecteur précautionneux. Il se posera notamment la question de savoir par quel tour innommable de magie une petite voiture peut réduire si facilement en cendres un véhicule de plusieurs dizaines de tonnes. Pour ma part, j’ajoute ces autres détails des plus irrationnels : les témoins de la catastrophe affirment que la bagnole, qui roulait en sens inverse, ne dépassa pas 20 km/h ! En outre, elle parcourut encore environ

350 m

à la même vitesse après l’impact sans ralentir, puis s’arrêta en freinant, non par inertie ! Et ce, sans le moindre choc, brillante comme un miroir !!!

Vu l’ampleur et l’étrangeté du drame, l’enquête est retirée à la police et confiée à l’EI (Espionnage Imaginos). Les agents de ce service secret en ce lundi après-midi bouclent le secteur afin de ne pas être dérangés dans leur boulot. Munis de toutes sortes de machins contondants et perceurs, ils tentent de briser les vitres ou de trouer la carrosserie. Même la foreuse à tête de diamant jette l’éponge après moult essais, ne parvenant pas à laisser quelque éraflure que ce soit ! Le verre des portières et des pare-brise paraît, lui aussi, incassable. Quant aux pneus, ils sont ignifugés, pour ne pas dire non fusibles, du moment qu’ils résistent aux températures extrêmes d’un chalumeau durant vingt minutes ! Enfin, à leur grande stupéfaction, les enquêteurs se rendent compte que tout le véhicule est inattaquable par les acides les plus corrosifs, de l’eau régale au vitriol en passant par tous leurs dérivés.

Tout doute se dissipe : cette chose que l’EI examine n’est pas une voiture. Mieux : elle n’est sûrement pas de fabrication imaginienne. La plaque porte la mention PR-5263-UX, comme si la bagnole sortait d’une usine préhistorvilloise. Cependant, le suffixe UX ne correspond à aucune série de véhicule imaginien, terrestre, naval, aérien ou ferroviaire ! Mais les enquêteurs du service secret ne sont pas au bout de leurs surprises…

Alors que sur le lieu bouclé, on s’apprête à déplacer la fameuse voiture qui n’en est pas une, un étrange bourdonnement, semblable à celui que génèrent les alternateurs des centrales hydroélectriques, émane de l’engin. Les détecteurs indiquent que la température augmente à un rythme exponentiel. Le véhicule vire ainsi au rouge en moins de 15 secondes, puis émet un désagréable sifflement aigu. Les gens s’écartent de plus de

100 m

de l’objet, attendant ce qui va se passer. Ils sont servis. C’est qu’au summum du son aigu, un flash lumineux aveuglant jaillit et semble s’étaler tout autour de l’engin. La lueur, crue et violente, est vue à plus d’un kilomètre du phénomène par au moins 235 personnes et ce, en plein 15 h, sous un ciel légèrement couvert ! Lorsque les yeux des investigateurs peinent à s’habituer à la lumière du jour, les cerveaux desdits investigateurs ont du mal à réaliser l’information qui leur parvient : le curieux appareil s’est comme désintégré ! Pour seule trace, une marque blanchâtre en étoile sur l’asphalte, de toute évidence indélébile (elle est toujours visible comme au premier jour).

Cet événement de ce lundi figure parmi les plus saillants et les mieux documentés des faits paranormaux ayant déjà eu cours à Fibreux, voire à Imaginos, compte tenu du nombre important de témoins et de la quantité de données recueillies. Par ailleurs, hormis l’accident, tout fut filmé au milli-poil à l’aide de quatre caméras, sous différents angles. Ovni ou phénomène de sorcellerie, ou les deux ? Nul ne peut répondre…

5. Elle prend la voie des airs

Parc des Croacrazores, une heure du matin, le 3 novembre 2007. Trois jeeps bondées de scientifiques formant une solide équipe pluridisciplinaire roulent lentement et silencieusement sur un chemin de fortune non asphalté. Il est question en cette nuit de filmer plusieurs scènes de la faune nocturne, allant de l’insignifiant grillon à l’Helminthptéryx en passant par le poisson-houe, spécimens qui ne peuplent que ces contrées solitaires. La chance est de leur côté : un somptueux clair de lune illumine le parc sous un ciel dégagé. De plus, notre groupe a importé de Lourd un matériel hypersophistiqué d’analyse et de détection, un véritable labo ambulant. Voilà déjà une bonne paire d’heures que les scientifiques arpentent la savane de la réserve, prélevant des échantillons, prenant une série de mesures, filmant en infrarouge et en ultraviolet. Tout va pour le mieux jusqu’au moment où, légitimement étonnés, ils aperçoivent, une centaine de mètres devant eux, une fourgonnette d’un blanc éclatant, on ne peut mieux visible sous ce clair de lune que nous avons déjà décrit radieux, fourgonnette qui leur bloque la route. Que fait-elle donc dans ce patelin ? Ne sont-ce pas des braconniers ?

Le cortège des chercheurs s’arrête et prend la décision de le faire jusqu’à nouvel ordre (du chef de file, le paléontologue Xavier Donobimz). Les phares de tous les véhicules dudit cortège, pour ne pas effaroucher la gent broussailleuse, étaient éteints depuis le début de la randonnée. À présent, ce sont les moteurs qui sont coupés, histoire d’éviter de se faire trop remarquer. En réalité, les occupants (si occupants il y a) de la drôle de fourgonnette savent vraisemblablement depuis un moment qu’ils ne sont pas seuls dans cette zone du parc. Ils le feront comprendre aux scientifiques d’une telle manière que plus d’un d’entre eux sortiront perplexes de l’expérience qu’ils auront vécue, susceptible de durement et durablement secouer les bases de la rationalité…

Environ 10 minutes d’attente. Excédée par l’impatience, Kristin, la biologiste, demande par talkie-walkie aux autres membres du groupe de partir voir un peu ce qui se trame dans la fourgonnette.

- « On a du boulot, et ce n’est pas ces hurluberlus qui vont nous empêcher d’évoluer !

- Ils sont peut-être armés !

- Kristin a raison. Allons sans brusquerie les inviter à nous laisser passer. »

À peine Xavier a-t-il fini cette phrase que soudain l’intérieur de l’étrange camionnette s’illumine d’une vive lueur orange. Au même instant, tous les phares des jeeps en cortège s’illuminent sans aucune intervention !

- « C’est quoi cette fantasmagorie ?

- J’en sais rien, Denis ! Continue de filmer. Je sens que cet événement est unique.

- Je parie tout mon avoir que ce que nous observons ici n’est en rien une fourgonnette. On dirait un machin de l’Armée. Je ne sais pas si nous faisons bien de nous retrouver dans les parages.

- Que je sache, cette zone n’est pas interdite. Je ne sais pas à quoi jouent ces gars, mais s’ils ne dégagent pas le chemin dans deux minutes, je vais leur dire un mot !

- Du calme, Kristin. La violence ne résoudra rien. Rappelle-toi…

- Mes chers, ce que j’observe ici dépasse mon entendement

- Quoi encore, Denis ?

- Figurez-vous que cette fourgonnette n’a pas de roues !!! En plus, elle lévite à quelques centimètres du sol !

- C’est ta caméra qui est sujette à des perturbations dues à l’éloignement, à l’obscurité et à l’humidité

- Ne me prends pas pour une buse, Noëlla ! Cette caméra résiste aux conditions hygrométriques, altimétriques et thermiques extrêmes. Sa résolution atteint 20 bons méga-pixels et son zoom optique est proche de 80X. Quant au prix, je ne te le communique pas, c’est indécent… Alors ne me parle pas de perturbations !

- Mon Dieu !

- Ça ne va pas, Xavier ?

- Notre véhicule décolle à la verticale !

- Fascinant ! À part les aérohélies ([1]), je ne connais pas d’engin qui puisse réaliser pareille performance dans tout Imaginos ! »

En quelques instants, la camionnette bizarre s’élève à plusieurs dizaines de mètres. Après une minute d’immobilisation devant les yeux écarquillés des scientifiques, une lueur intense est émise par le véhicule désormais aérien qui disparaît sans bruit et sans autre forme de procès ! Au même instant, les phares des jeeps s’éteignent comme par magie.

Xavier est le premier à se ressaisir. En tête de cortège, il prend le parti d’avancer jusqu’à l’endroit du décollage. Aucune trace de quelque nature que ce soit, pas de fuite d’huile ni de carburant, pas de radioactivité particulière. Aucun dégagement calorifique ni aucune détérioration du sentier, par ailleurs. De quoi s’agit-il ? D’une des multiples facéties d’un redoutable sorcier résidant à quelques bornes de là, un dénommé Deg Abmisa ? D’un objet volant dit non identifié ? Ce qui est certain, c’est que même l’Armée imaginienne n’est pas capable de concevoir ce genre de prototype à l’heure actuelle. Armée dont il faut d’ailleurs se méfier, vu sa propension presque pathologique à la dissimulation des infos qu’elle juge sensibles. Cette nuit même, Denis sauvegarde soigneusement la vidéo haute définition dans son portable. Ensuite, tout en conservant l’original, il convertit le fichier en un format basse résolution à diffuser sur un site de partage multimédia. Les images, malgré tout, s’avèrent tellement nettes qu’on croirait à un montage sur Photoshop. Sous un pseudo non révélateur, notre cameraman transfère la vidéo dans Kamerphilia ([2]). En moins de quatre heures, la plupart des sites dédiés au mystère copient la fameuse séquence et la diffusent à leur tour, ce qui a pour effet de répandre rapidement l’information inédite sans que quelque service de sécurité n’ait eu à réagir. Nous seuls savons que c’est Denis, de l’équipe des scientifiques du Parc des Croacrazores, qui a posté la vidéo. Chhht… Ne le dites à personne...  

 

         


[1] Les aérohélies sont des petits véhicules marchant à l’énergie solaire, capables de transporter des charges d’environ

70 kg

et de décoller à la verticale. Leur vitesse de pointe frôle

200 km/h

.

[2] L’équivalent imaginien de YouTube.