LE CARRÉ ANOMAL ORIENTAL

Dans la sous-région Ebrotin, à 780 km de Préhistorvilles, à environ 330 km à l’Est du village maudit de Tombolo, se trouve une pénéplaine semi-herbeuse de 1 732 m sur 1 709, donc grossièrement de forme carrée, en plein milieu d’une épaisse forêt montagneuse. Aucune route terrestre n’y mène, même pas un sentier de fortune. Hormis quelques scientifiques et touristes, très peu de gens se plaisent à s’aventurer dans le coin. D’aucuns nomment le secteur le « 5e lieu maudit de Fibreux » ; d’autres, à l’expression plus didactique, parlent plutôt, pudiquement d’ailleurs, du « Carré Anomal Oriental ». C’est que la zone concernée, presque à l’extrême Est de la région fibreuse, est dotée de moult propriétés qui ne peuvent laisser indifférents ceux qui sont épris de mystères…

1. Le « phénomène 26 kHz »

De manière absolument imprévisible et durant un temps tout aussi fluctuant (de quelques secondes à plusieurs jours), des ultrasons de forte intensité (et d’intensité variable) semblent provenir du sol et du sous-sol. L’étrange caractéristique desdits ultrasons est qu’ils ont une fréquence exacte de 26 144 Hz, soit environ 26 kHz. À la manière dont ces ondes sont émises, il y a de quoi se demander si leur origine est naturelle : on n’a aucune fois vu à Imaginos Dame Nature produire ce type de phénomène, même pas lorsque la terre tremble. Notez en outre que les pics d’intensité se situent au sommet d’un monticule d’une base de 51 m et d’une hauteur de 103 m, monticule surgissant brusquement de la surface globalement plane de l’endroit. Les fouilles et les divers moyens de détection n’ont révélé aucun appareillage, rocher ou minerai particulier en profondeur susceptible de produire le « phénomène 26 kHz ».

Phénomène dont les propriétés physiologiques sur l’espèce humaine ne sont pas des plus plaisantes. Maux de tête parfois violents, vertiges, nausées, fatigues, hallucinations de tous types sont ressentis régulièrement lorsque les ultrasons sont émis. De nuit, par temps clair, on a l’impression angoissante d’être observé par une entité surnaturelle. La lune, si elle est pleine, paraît plus grosse que de coutume ! Certains médiums, durant l’émission des ondes, se sentent encore plus extralucides que d’habitude.

Le réseau téléphonique ou Infoway ne passe pas au Carré Anomal Oriental, non pas suite à quelque mystérieuse cause, mais parce que le groupement humain le plus proche est à 200 km à vol d’oiseau. Aucune compagnie des télécoms n’a jugé bon y perdre son fric en y plaçant des antennes relais. En revanche, le GPS, le téléphone satellitaire, la boussole, eux, fonctionnent sans anicroche. De même, il n’a été décelé aucun comportement insolite chez les animaux, vertébrés ou invertébrés, ni aucune croissance atypique des plantes au sein de la zone.

2. Ombres troublantes et curieuses perspectives

Le Carré Anomal Oriental est doté d’une série de propriétés qui, non seulement n’ont pas encore trouvé d’explications scientifiques sérieuses, mais encore inquiètent et rendent perplexe tout esprit curieux.

C’est ainsi qu’en plein soleil, à n’importe quelle heure de la journée, il n’est pas rare de remarquer l’absence totale d’ombres ! Parfois, elles semblent « tourner », en ce sens qu’elles se déplacent plus vite que le mouvement apparent de l’astre du jour et reviennent à la position initiale quelque temps après ! Autrement dit, les ombres prennent des positions contraires aux lois de l’optique… Toujours en violation flagrante des lois de la physique, lesdites ombres s’allongent anormalement en des directions aléatoires, voire, et c’est assez effrayant, se « détachent » du corps qui les produisent tout en glissant lentement sur le sol pour disparaitre à la limite du Carré Anomal !! Plus mystérieux encore : même lorsque le ciel est sans nuages, se projettent parfois des ombres de cirrus ou de cumulus qui peuvent engendrer temporairement une atténuation de la lumière ambiante. En d’autres termes, le soleil luit, mais sa clarté est pâle au point que quiconque peut le fixer sans dommages sur la rétine !

Un autre détail visuel intrigant facilement remarqué au Carré Anomal Oriental est les aberrations permanentes de la perspective. Celle-ci semble ne pas exister dans le secteur ou, du moins, semble très limitée ou totalement déformée. Les objets très éloignés de l’observateur paraissent être à quelques pas. En certains endroits, les arbres, pourtant distants de plusieurs dizaines de mètres et en suivant une ligne verticale, donnent l’impression d’être alignés horizontalement sans grand écart entre eux, comme ils étaient serrés ! C’est en se rapprochant desdits arbres qu’on comprend, au fur et à mesure, que la réalité est toute autre. Et la sensation ressentie ne peut se décrire en mots, tant elle est déconcertante.

Les ombres troublantes et les curieux effets de perspective, au départ, étaient mis dans le compte des hallucinations provoquées par l’étrange « phénomène 26 kHz » exposé supra. L’on démontra très vite que lorsque surviennent ces singulières manifestations, l’émission ultrasonore s'avère fort souvent absente. Du reste, du moment que la caméra ou l’appareil photo parvient à enregistrer parfaitement et les ombres et les bizarres perspectives, la thèse de l’hallucination s’écroule. L’explication est ailleurs, mais on ne sait pas encore où…

3. Disparitions définitives et instantanées des biens et des personnes

La raison majeure qui décourage, voire repousse, un séjour prolongé au sein du Carré Anomal Oriental, tient en un phénomène autant illogique que déstabilisant : les disparitions subites des choses (animaux compris) et des individus. Qui n’a jamais, dans la zone, perdu son calepin ou son phone portable en poche ou dans son sac, alors qu’aucune ouverture n’aurait permis qu’ils tombent par terre ? Il y en a qui se sont retrouvés dans leur plus simple appareil en une fraction de seconde ! Plaisanteries inter-dimensionnelles ou phénomènes hasardeux, quoique paranormaux ?

Moins drôle est la volatilisation des troupeaux entiers de moutons et de porcs, comme la chose a eu lieu le 1er avril 2009. Et ce n’était guère un poisson ! Ou encore l’étonnant spectacle auquel assistèrent pas moins de 130 touristes (et filmé par huit d’entre eux) : l’évaporation foudroyante et inopinée d’un épais vol d’oies sauvages le 2 aout 1993 à 16 h 13 locales.

Encore moins marrantes s’avèrent les disparitions des personnes. Certes le phénomène est beaucoup plus rare (environ une fois dans un intervalle moyen de 10 ans) et moins intense (jamais plus d’une disparition à la fois), mais tout aussi ahurissant. Le couple Martin et Abigaël Ednebil restera à jamais marqué par le déchirant souvenir de leurs fils Dimitri qui s’est évanoui dans la nature et derrière un gros flamboyant lors d’une partie de cache-cache avec sa cousine, un certain 9 juillet 1999. De même, toute la région de Fibreux n’oubliera pas de sitôt la disparition soudaine, en plein reportage télé et en un instant, de la journaliste Blandine Klirtz-Maziw, miracle dramatique qui s’opéra devant plusieurs millions d’yeux estomaqués qui suivaient avec attention le journal de 13 h de ce 2 juin 2010 à la chaîne Nguma TV. On ne retrouva pas la pulpeuse dame, même pas l’une de ses boucles d’oreilles, encore moins sa bague de mariage de 35 carats sertie de diamants dont elle vantait la beauté à qui aimait l’écouter ! Pour la petite histoire, il est bon de savoir que Blandine a toujours figuré parmi les pourfendeurs les plus acharnées des choses paranormales qu’elle ne manquait d’ailleurs pas de tourner en dérision dans chacune de ses interventions filmées. Subit-elle une punition astrale ? Aux spécialistes du domaine de répondre…